Entre les gilets jaunes, les pandémies et les conflits internationaux, nous sommes bombardés de news qui challengent au quotidien nos besoins les plus basiques :
Sécurité, famille, et sommeil.
Je ressens moi-même de plus en plus de stress face aux tensions géopolitiques. J'ai d'ailleurs commencé à lire compulsivement de nombreux livres sur le survivalisme et le prepping...

Éviter les news est désormais impossible (merci BFM TV), pas plus que cela n'est souhaitable. Nous sommes après tout des citoyens du monde et bien qu'anxiogène, l'information reste vitale.
La situation ne va pas s'arranger de sitôt.
Le chaos informationnel est le reflet du chaos dans lequel on vit.
Pourtant...
On n'a pas attendu 2025 pour plonger dans le chaos
Tout cela n'est pas entièrement nouveau : le monde a toujours été chaotique. Dans les années 1930 par exemple, on pouvait lire ce genre de titres dans les journaux :


Pour ma part à la lecture de ces gros titres, mon rythme cardiaque s'accélère, je repense à la dernière fois que j'ai pris l'avion avec ma compagne et notre fille, pour un voyage à Lisbonne.
Bref, mon stress physiologique monte en flèche.
C'est exactement le problème de fond :
L'information est un business. Et dans un paradigme où la capacité des médias à capter l'attention des lecteurs est directement corrélée à leurs revenus...
Qui peut les blâmer pour utiliser des accroches "choc" ?
De jouer avec les émotions de l'audience ?
Certes, les titres ci-dessus datent des années 1900. Mais honnêtement, le paysage médiatique n'a dans l'essence pas changé tant que ça avec l'arrivée d'internet et du marketing digital.
La distribution va simplement plus vite et plus loin.
En revanche, quatre nouveaux éléments cruciaux viennent faire bouger les lignes :
- La psychologie
- Les algorithmes
- La data
- L'IA
Le livre qui a bouleversé ma lecture de l'actualité
Si Daniel Kahneman a effectué un grand travail de défrichage concernant les biais psychologique, c'est la lecture de Factfulness (Hans Rosling) qui m'a permis de mieux approcher ma consommation de l'actualité.
Rosling a notamment identifié trois biais très pertinents de nos jours :
L'Instinct de la peur
C'est de toute évidence le biais le plus exploité par les médias.
Une fois exposé à cette émotion, notre cerveau passe en autopilote et accorde une importance démesurée à des événements effrayants rares mais spectaculaires (attentats, guerres, crashes d'avion...).
Il devient difficile de mobiliser notre pensée critique lorsque nous sommes soumis à cette émotion.

Le biais de négativité
Nous avons tendance à voir le monde plus noir qu'il ne l'est réellement.
Ce biais est largement provoqué par notre exposition répétée à des événements négatifs. Mais nous avons aussi tendance à oublier facilement que le passé était souvent bien pire que le présent.
Il y a à peine un siècle :
- 70 ‰ de mortalité infantile contre 3,5 ‰ aujourd'hui.
- Espérance de vie de 69 ans, contre 85 aujourd'hui.
- 20% des décès avaient pour cause les maladies infectieuses... contre 2% aujourd'hui.
Le monde s'améliore lentement sur presque tous les indicateurs clés, mais on ne le voit pas.
L'instinct de la taille
Mettre les chiffres en perspective n'est pas naturel pour nous.
Au moment de la pandémie, j'ai eu une conversation un peu lunaire avec une personne de mon entourage. Elle comparait le NOMBRE de morts aux USA à celui qu'il y avait en France et tentait de m'expliquer comment cela prouvait leurs mauvaises habitudes sanitaires.
Évidemment, en mettant en perspective le nombre de décès par rapport à la population de chaque pays, le ratio n'était pas bien différent.
Malheureusement, une fois que notre cerveau a été accroché par un chiffre important "500 morts", on oublie rapidement de normaliser par habitant, par période, par autres causes...
C'est particulièrement vrai dans les cas de conflits armés.
Bien qu'il ait véhiculé un message rassurant et positif, Rosling ne se définissait pas pour autant comme un optimiste radical, mais comme un "possibiliste" :
Quelqu'un qui s'efforce de voir le monde factuellement pour adopter une approche constructive face aux problèmes rencontrés.
Comment nous pouvons nous aussi devenir des possibilistes
Heureusement pour nous, il existe des méthodes pour adopter ce même prisme sans devoir passer un Master en statistiques.
Car en 2025, la data est largement accessible au grand public. Brute, sans interprétation préalable - même si on pourrait débattre des méthodes utilisées pour collecter cette data.
Voici deux excellentes sources de data pour le monde :
- Gapminder : la banque centrale de data de feu Hans Rosling lui-même.
- World Bank Open Data : de la donnée brute pour chaque pays avec à peu près tout ce qui peut se mesurer économiquement et socialement.
Et cinq autres pour la France plus spécifiquement :
- INSEE : la source primaire qui couvre tout... démographie, économie, emploi, conditions de vie.
- Eurostat : pour contextualiser la France au sein de l'UE.
Ne reste plus qu'un problème majeur :
Comment utiliser ces données pour mieux comprendre l'actualité ? C'est un peu comme chercher une aiguille dans une motte de foin.
La bonne nouvelle, c'est que des algorithmes mathématiques basiques suffisent à gagner en perspective sur la plupart des sujets.
Je vais te présenter plusieurs de ces algorithmes... Puis nous combinerons ensemble quelques gros titres, les biais déclenchés, les sources de data, un peu de recherche et quelques algorithmes pour y voir plus clair !
Peur → Base Rate Comparison
Cet algorithme consiste à comparer un événement à sa fréquence de base dans la population. Il permet de prendre beaucoup de recul sur des chiffres choc.

L'émotion déclenchée est bien évidemment la peur.
Regardons maintenant la data :
- D'après ce papier d'Europol, on dénombre 5 morts dans toute l'UE en 2024.
- Il y a 450 millions de personnes en UE.
- Le risque individuel est donc de 1/90.000.000 !
Appliquons maintenant la Base Rate Comparison en comparant ce risque à celui d'une cause de décès de base dans la population :
Les accidents de la route :
- D'après le bilan de l'ONISR, on dénombre 3.193 décès en 2024.
- Il y a 68.000.000 de français.
- Le risque individuel est donc d'environ 1/21.000 !
Nous avons donc 4300 fois plus de chances de mourir d'un accident de la route en France que d'une attaque terroriste dans tout l'UE.
Négativité → Trend Smoothing
Le Trend Smoothing consiste à lisser les données sur une période plus large pour dévoiler la tendance qui émerge au travers du bruit.

Ici pour ma part en lisant ce titre, je ressens une sorte de chape fataliste me tomber dessus, un sentiment de déclin inexorable.
Regardons ce que dit la data :
- Pour commencer à court terme, on dénombre 976 homicides en 2024, soit une baisse de 2% par rapport à 2023 (1010 homicides).
- Il y a 20 ans, on comptait 1400 homicides par an.
- La tendance est donc baissière (-2%) à court terme, mais l'est encore plus drastiquement à long terme (1,5 fois moins).
- L'écart se creuse davantage si l'on rapporte ces chiffres à la population croissante pour obtenir le taux d'homicide pour 100.000 habitants.
Taille → Normalization
La normalisation consiste à diviser les chiffres clés par une base pertinente pour obtenir un ratio.

L'émotion qui s'active est de la sidération face à un chiffre brut si élevé (52.000).
Il faut regarder la data :
- La population à Gaza pré-guerre s'élevait à 2.100.000 habitants.
- Le nombre de morts correspond donc à un ratio 3%.
Pour ce cas là malheureusement, le bilan est assez dramatique. Obtenir un ratio normalisé nous permet de comparer cela à d'autres conflits :
- Guerre en Ukraine : 0,7% de la population ukrainienne
- Seconde Guerre Mondiale : 3% de la population mondiale
Le conflit en terme de victimes se situe donc au-dessus de la plupart des conflits de ce siècle...
Quant à savoir si la couverture médiatique des différents conflits correspond à leur ampleur, c'est une autre histoire.
Ok, le dernier exemple était une note assez sombre à cette newsletter. Mais la prise de recul sur de l'information ne rend pas toujours le monde plus rose.
Il nous reste désormais à répondre à la question posée par les gros titres que nous avons vu plus haut avant de cloturer cette newsletter :
Peut-on prendre l'avion en toute sécurité ?
Le 7 décembre 1944, 52 pays signent la Convention de Chicago et acceptent de partager systématiquement et immédiatement la data relative aux crashes d'avion, ainsi que les apprentissages en découlant.
L'objectif commun devient de prévenir les accidents d'avion.
Est-ce qu'on y est arrivé ? Plutôt bien !

Comme quoi les grands principes de résolution de problème resteront toujours les mêmes :
- Collaboration à l'échelle internationale
- De bonnes boucles de feedback
- Exploitation des données
- Transparence
Que faire de tout cela ?
Je n'ai aucune légitimité à parler de géopolitique.
Je ne suis pas un expert. J'ai les mêmes peurs que toi. J'ai des croyances sorties de mon chapeau et souvent infondées.
Mais en te partageant quelques-unes de mes tactiques, j'espère contribuer à t'immuniser au chaos et à la panique ambiante - à te rendre un peu plus antifragile.
La collecte de données est omniprésente de nos jours. Et l'accès à cette donnée pour le grand public n'a jamais été aussi facile. L'IA aussi est un allié précieux pour chercher, comprendre et questionner !
Mieux comprendre le monde permet de développer sa pensée critique.
Et amène donc sur la table (politique, familiale) des débats plus constructifs et permet de prendre de meilleurs décisions à l'échelle humaine, puis dans un cercle d'influence de plus en plus large.
Aujourd'hui, je passe moins de temps à consommer de l'information.
Mais beaucoup plus de temps à la déconstruire, à la mettre en perspective, à y réfléchir avec mes proches.
J'y ai gagné une clarté renouvelée et un apaisement qui n'a pas de prix.
Comme le dirait mon amie Oriane :
Stay Lucid.
Si tu veux décrypter l'actualité instantanément et sans effort...
L'IA est un allié hors pair.
Car elle peut :
- Identifier les déclencheurs émotionnels d'un article
- Recherche les données
- Appliquer le bon algorithme pour les rendre lisibles
- Créer un visuel récapitulatif
- Et même te poser des questions de réflexion pour aller plus loin
J'ai réuni tous ces éléments dans un unique prompt. Tu donnes à l'IA le lien d'un article de news et quelques minutes après, voici ce que tu obtiens...
C'est un extrait de rapport construit par Claude Opus à partir d'un article récent :

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