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L'IA ne te retire pas ton travail. Elle te retire l'anesthésie

L'IA ne te retire pas ton travail. Elle te retire l'anesthésie

Il y a une journée que je connais bien maintenant. Une journée où presque rien n'attend. Les trucs utiles ont été expédiés, délégués, automatisés. Le corps est assis. Le café refroidit.

Et la question monte, toute bête : qu'est-ce que tu as envie de faire de cette journée ?

Lire. Écrire. Bouger. Voir quelqu'un. Aucune des réponses ne s'allume.

Il reste le silence. Et le tic d'une horloge que tu n'entendais pas avant. Tu ne l'entendais pas parce qu'il y avait toujours du bruit par-dessus, un mail, une tâche, un truc à régler. Là il n'y a rien.

Et déjà, sans décision consciente, ta main a glissé vers l'écran. Elle cherche un truc à traiter, une notif, quelque chose d'utile pour que le silence se taise. C'est ça qui devrait t'alerter. Le geste de combler arrive plus vite que la pensée.

Tu combles cette heure de vide avec ce qui passe. Le scroll, le grignotage, une tâche inventée pour ne pas rester là, sans rien.

Pendant longtemps j'ai cru que cette journée-là était une panne. Un creux de productivité. Un dimanche mou, un truc à corriger avec une meilleure routine. Je me trompais. C'est l'anesthésie qui manque, et le corps qui réclame sa dose.

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After the Anesthesia
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Si c'était ta source, l'absence ne ferait pas mal

Reste avec moi, parce que cet essai ne parle pas vraiment de productivité.

Tu penses que ton travail utile est ce qui donne du sens à ta vie. Que la grande menace de l'IA, c'est de te le retirer, et de te laisser sans valeur, sans place, obsolète. Et c'est logique.

Depuis toujours, être nécessaire à quelqu'un, c'est se sentir à sa place. On ne t'a pas menti là-dessus.

Sauf qu'il y a un détail qui ne colle pas. Si ton travail utile était ta source de sens, alors une journée sans travail devrait te laisser ce sens intact. Tu serais désœuvré, pas vide. Tu poserais les outils en te disant tiens, du temps pour le reste.

Mais c'est l'inverse qui arrive quand la journée se vide pour de bon : le vertige, et la main qui part chercher l'écran. Une vraie source de sens, quand elle s'absente un moment, ça libère. La tienne, quand elle s'absente, ça angoisse.

Ce que tu protèges comme ta source de sens se comporte exactement comme une dépendance.

Les cliniciens qui étudient l'addiction au travail le disent sans détour. Le surinvestissement professionnel n'est pas l'amour du travail. C'est l'intolérance à ne pas travailler. Dès que la charge s'arrête, l'anxiété déferle.

Parce que l'utile ne t'a jamais donné de sens. Il t'a anesthésié contre son absence. Ce que tu prends pour ta source était l'écran qui t'empêchait de voir qu'il n'y avait rien derrière.

L'IA ne te retire pas ton sens. Elle retire l'anesthésiant, et te réveille devant une question que l'occupation recouvrait depuis le début.

Voilà ce que je crois maintenant. L'IA ne te vole pas ton travail. Elle te retire l'excuse qui t'évitait de regarder pourquoi tu le faisais.

Tout le monde se demande quelles compétences vont disparaître. Mauvaise question. Ce qui s'effondre en premier, ce n'est pas une compétence. C'est un prétexte.

On a pris nos obsessions pour des passions, alors que la plupart n'étaient que des fuites bien organisées hors d'une question qu'on n'a jamais posée. La même Fausse Boussole qui fait confondre la crispation et le goût, étendue à toute une vie.


Le réveil sur la table d'opération

L'image qui me poursuit, c'est le réveil sur une table d'opération. L'anesthésie reflue. Pendant des heures tu n'as rien senti. Pas parce qu'il n'y avait rien.

Parce qu'un produit tenait la douleur sous la surface. Le produit se dissipe. Ce qui remonte n'est pas une douleur nouvelle. C'est celle qui était là depuis le début, tenue à distance.

L'anesthésiant n'a jamais rien soigné. Il a coupé la perception, c'est tout.

L'utile fonctionne pareil. Il ne t'a jamais donné de sens. Il t'a évité de remarquer que tu n'en avais pas.

Tu te lèves, tu enchaînes, tu optimises, tu livres, et le soir tu es vidé de la bonne fatigue, celle qui ressemble à du sens. Sauf que ce n'est pas du sens. C'est de l'occupation.

Elle capte ton attention hors du champ existentiel. Tant qu'elle est captée, la question ne se pose pas. Pas une distraction parmi d'autres. Une anesthésie ciblée sur l'endroit exact où ça ferait mal.

C'est l'Anesthésie de l'Utile.

Frankl avait déjà tout dit de ce qui remonte quand l'occupation s'arrête. La névrose du dimanche :

« Cette dépression qui frappe ceux qui prennent conscience du manque de contenu de leur vie, une fois retombée l'agitation de la semaine affairée, quand le vide en eux devient soudain manifeste. »
— Viktor Frankl, Découvrir un sens à sa vie, 1946

Tu as confondu une fuite avec une vertu

Et là arrive le truc qui dérange. Pascal l'avait vu il y a quatre siècles. Il appelait ça le divertissement. Pas le loisir : tout ce qui détourne l'homme de sa condition.

La chasse, la guerre, les charges, les affaires. Son diagnostic : les hommes n'ont trouvé aucun remède à la mort et à la misère, alors ils ont choisi de ne pas y penser.

Le travail acharné, le projet, l'agenda plein, c'est le divertissement le plus respectable qu'on ait inventé. Tellement respectable qu'on l'a pris pour une vertu.

« Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »
— Blaise Pascal, Pensées, 1670 (fragment Lafuma 136)

Et son image la plus cruelle vise celui qui a réussi. Un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Le comblé est le plus exposé. Il n'a que le divertissement entre lui et la question.


Pas un mauvais arbitrage. Pas d'arbitrage du tout

Frankl dirait : trouve un sens et tu supporteras n'importe quel comment. Hari dirait : tu es déconnecté, reconnecte-toi à ce qui compte. Et ils ont raison tous les deux, mais ce n'est pas là que je veux aller.

Leur version, c'est « le sens est plus important que l'optimisation ». La mienne est plus vicieuse. Ce n'est pas que tu as négligé le sens au profit de l'utile. C'est que l'utile t'a empêché de sentir que le sens manquait.

Tu n'as pas fait un mauvais arbitrage. Tu n'as jamais su qu'il y avait un arbitrage.


Trente ans à 6h du matin. Et un lundi, plus rien

Maintenant le retournement. Celui qui fait mal, et il va te frapper, toi, parce que tu n'es pas du genre paresseux.

Ceux qui vont le plus souffrir ne sont pas les paresseux. Ce sont les meilleurs.

Le paresseux a déjà un rapport décontracté au vide. Il sait s'asseoir, glander, laisser filer une après-midi. Il n'a jamais construit sa colonne vertébrale sur la charge.

L'hyper-performant, lui, si. Son moteur, c'est son identité. « Moi au moins je suis obsessionnel, je suis driven, je me lève à 6h. » Et c'est lui le plus exposé.

« Être occupé jusqu'à la folie, c'est une armure formidable. Nous sommes une culture de gens qui ont cru que, s'ils restaient assez affairés, la vérité de leur vie ne les rattraperait pas. »
— Brené Brown, Daring Greatly, 2012

Je pense au lundi matin du premier jour de retraite d'un type qui n'a jamais arrêté. Trente ans à 6h du matin, le corps en mouvement avant le réveil des autres, l'agenda plein comme une digue contre quelque chose qu'il n'a jamais nommé.

Ce lundi-là, la cuisine est silencieuse. Le café est prêt à 6h par pure habitude. Et il n'y a rien. Pas un créneau, pas une urgence, pas une chose à optimiser.

Et il découvre une chose terrible : la structure qui le tenait debout n'était pas en lui. Elle était dans la charge. Tu retires la charge, et ce n'est pas le repos qui vient. C'est le vertige.

Le travail donne cinq choses qu'on ne voit pas tant qu'on les a :

  1. Une structure du temps.
  2. Des contacts.
  3. Un statut.
  4. Un but collectif.
  5. Une activité.

Marie Jahoda les appelait les fonctions latentes de l'emploi. Les retirer d'un coup, c'est arracher l'ossature invisible d'une journée.

Les chiffres suivent : l'arrêt brutal d'activité augmente la probabilité d'une dépression clinique d'environ 40 %. Michael Phelps le racontait après chaque Jeux, il tombait dans une dépression majeure. Les fondateurs qui vendent leur boîte décrivent le même vide l'année d'après, même quand l'exit a réussi. L'estime de soi était dans la lutte, pas dans le résultat.

Et les grandes enquêtes de suivi ajoutent une cruauté de plus. Le creux n'est pas pour le lendemain de la dernière journée. Il vient plus tard, parfois 10 ans après, et il vise les cols blancs, ceux dont l'identité était logée dans la fonction.

La meilleure planque ne donne pas seulement le réveil le plus dur. Elle donne le plus patient.

Ce ne sont pas les gens qui détestaient leur travail qui s'effondrent. Ce sont ceux qui s'y étaient le mieux planqués.


La semaine de 15 heures n'est jamais venue. La richesse, si

C'est ça le réveil asymétrique. Plus la planque était parfaite, plus le réveil est dur.

Et l'IA automatise la planque de tout le monde, en accéléré, en quelques décennies au lieu d'une vie. Le mur d'absence de sens ne vise plus le seul retraité isolé. Il va submerger une civilisation entière qui a fait de l'utilité sa religion sans le savoir.

Keynes l'avait annoncé dès 1930. Une fois que la machine aurait résolu le problème économique, l'humanité affronterait pour la première fois depuis sa création son problème réel et permanent : quoi faire de son temps.

Et oui, je sais ce que ça a d'indécent. C'est un problème de riches, et je l'assume. Tant que la survie n'est pas réglée, le vide n'est pas existentiel, il est matériel, une question de loyer et pas de sens.

Cet essai ne parle pas à celui que le vide menace dans son corps. Il parle à celui pour qui la survie est réglée, et qui découvre que ça ne suffisait pas.

On n'a pas affronté ce problème-là. La semaine de 15 heures que Keynes prévoyait n'est jamais venue, la richesse si. On a préféré inventer du travail.

Arendt l'a posé comme une menace : une société de travailleurs sans travail, privés de la seule activité qui leur restait, rien ne pourrait être pire. Et parler de religion n'est pas une figure de style : pour l'élite diplômée, le travail promet identité, transcendance et communauté. Derek Thompson a mis un mot dessus, le workism.

Je ne dis pas ça pour faire le prophète catastrophiste. Je le dis parce que je l'ai senti dans mon corps un mardi de juin, sur une journée trop vide, et que j'ai reconnu le geste de ma main vers l'écran pour ce qu'il était.


L'artisan qui fait une chaise ne fuit aucune question

Je dois être honnête, sinon tout ce que je viens de dire n'est qu'un joli renversement de plus.

« Et si l'utile n'était pas l'anesthésiant ? Et si c'était le substrat réel du sens ? »

Parce qu'on peut retourner ma thèse. Le sens humain s'est toujours construit par la contribution aux autres. Le travail comme service. Le fait de compter pour quelqu'un, de réparer un truc, de nourrir une famille, de tenir un rôle dans le village.

Retire l'utilité et tu ne dévoiles peut-être pas un vide préexistant. Tu détruis le mécanisme même par lequel les humains fabriquent du sens.

L'artisan qui fait une chaise, il ne fuit pas une question existentielle. Il fabrique du sens avec ses mains, et l'utilité de la chaise n'est pas l'anesthésie de son angoisse, c'est le lien réel entre lui et celui qui s'assiéra dessus. Le médecin qui sauve, l'instituteur qui apprend à lire, ils ne se planquent pas. Ils comptent.

Et regarde bien ce qui se joue là, parce que ce n'est pas une dispute sur les faits. C'est une dispute sur ce qu'est le sens.

Ma thèse le suppose enfoui, recouvert par l'occupation, et qui remonte dès qu'on retire le couvercle. L'autre le suppose fabriqué, qui n'existe nulle part avant le geste qui le produit.

Si elle a raison, le vide ne dévoile rien. Il retire seulement l'atelier.

Et c'est la recherche qui soutient ce contre-argument, pas ma thèse. Le sens vient de ce qu'on donne, pas de ce qu'on reçoit. Les donneurs ont des vies plus signifiantes que les preneurs. Compter pour quelqu'un est un besoin aussi fondamental que l'estime de soi.

Pire pour moi : là où on a retiré le travail utile à grande échelle, dans l'Amérique désindustrialisée, ce n'est pas l'émerveillement qui a fleuri. Ce sont les morts de désespoir qu'ont documentées Case et Deaton.

Ça, c'est le meilleur contre-argument. Je ne vais pas faire semblant de le balayer.


Pas utile contre inutile. Nécessaire contre substituable

Voilà où je tiens quand même. La différence est dans un mot : nécessité. L'artisan, le médecin, l'instituteur, leur utilité était nécessaire et rare.

Elle créait du lien parce qu'elle répondait à un besoin réel que personne d'autre ne couvrait. Le sens venait de là : tu es irremplaçable pour quelqu'un.

Mais l'utilité de l'hyper-performant moderne, le énième tableau de bord, le énième process optimisé, le énième livrable que trois autres personnes auraient pu produire, ce n'est plus de la nécessité. C'est de l'occupation déguisée en nécessité.

Et l'IA fait la distinction à ta place, brutalement. Ce qu'elle absorbe, c'est ce qui n'était pas irremplaçable.

Et si tu objectes que l'IA frappe d'abord les métiers qualifiés, les diplômés, les cols blancs, et pas les petites mains : tu as raison sur les chiffres, et c'est le point. Le diplôme ne protège pas. Une grande partie de ce qu'on croyait nécessaire parce que c'était prestigieux et bien payé n'était que de la substituabilité en costume.

Donc ce qui reste, après son passage, c'est peut-être la seule utilité qui avait du sens : celle qui ne pouvait venir que de toi. Ce contre-argument ne tue pas la thèse. Il la précise.

L'utile-service survit. L'utile-anesthésiant tombe.

Reste une chose que je ne vais pas faire semblant de dissoudre : là où l'atelier était nécessaire, le perdre est une vraie perte, pas un réveil. L'IA en détruira aussi de celui-là, et ça, aucune reformulation ne le rend beau.

Mais le drame de fond, c'est qu'on a confondu les deux toute notre vie. La vraie ligne de fracture n'a jamais été utile contre inutile. C'était nécessaire contre substituable. Et on n'a jamais voulu regarder de quel côté on était.


On ne remplit pas le vide. On s'y assoit

Alors qu'est-ce qu'on fait du vide ?

Surtout pas le remplir. C'est le piège, et c'est le réflexe de tout le monde. On retire l'utile, on panique, on court chercher un nouveau sens à plein temps, un nouveau projet sens-compatible, un nouveau truc à optimiser mais cette fois « aligné ».

C'est encore la main qui part vers l'écran. C'est l'Anesthésie de l'Utile, version premium.

On apprend à s'y asseoir.

Et je sais ce que tu penses : plus haut, les morts de désespoir, le vide qui produit de la dépression et pas de l'émerveillement. C'est vrai, et ça ne se contredit pas.

Le vide qui écrase, c'est celui qu'on subit, sans l'avoir choisi, sans fin. Pas celui où on s'assoit une heure, exprès, pour écouter. S'asseoir n'est pas s'effondrer. Le choix est toute la différence.

Et là je ne te sers pas du woo woo, parce que je déteste ça autant que toi. Il y a une mécanique réelle. Quand le moi cesse d'être occupé, il se passe un truc mesurable.

Les chercheurs qui étudient l'émerveillement, ce saisissement devant plus grand que soi, ont montré que dans cet état le moi se fait petit mais reste significatif. Pas écrasé. Juste ramené à sa taille réelle dans quelque chose de plus vaste.

Et dans cet état, le temps perçu se dilate. Tu as l'impression d'avoir plus de temps, et ton attention se tourne vers les autres au lieu de tourner sur elle-même.

Et ça ne coûte rien. Pas besoin du Grand Canyon. Un esprit en cours, une feuille qui tombe, un visage suffisent.

Il y a autre chose. Quand l'horizon de temps qu'on se perçoit rétrécit, quand on sent que le temps est rare, les buts se réorientent tout seuls vers le sens et la profondeur plutôt que vers l'accumulation. C'est ce que Laura Carstensen a démontré sous le nom de sélectivité socio-émotionnelle, et c'est documenté, pas une jolie idée. Et la rareté de temps, contrairement à la rareté d'argent, augmente l'estime qu'on a de sa propre valeur.

Autrement dit, le vide bien habité ne te diminue pas. Il fait exactement l'inverse de ce que tu crains.


Cette fois, la main reste

Donc le geste, le seul, et ce n'est pas une todo. La prochaine heure vide, ne la comble pas. Ni par de l'utile, ni même par de l'enrichissant optimisé, le podcast « productif », la lecture « utile », le truc qui te permettra de dire que tu n'as pas perdu ton temps.

Laisse la question sans réponse, une seule heure non optimisée. Juste pour voir ce qui remonte quand l'anesthésie reflue.

Et non, t'asseoir seul une heure n'est pas la réponse. C'est juste l'endroit assez silencieux pour entendre la question. Ce qu'elle te demandera, ce sera presque sûrement les autres. Mais tu ne peux pas l'entendre dans le bruit.

Reviens avec moi à la journée du début.

La même journée vide. Le même corps assis, la même question qui monte, le même silence et le même tic d'horloge.

Mais cette fois la main ne part pas vers l'écran. Elle reste. Tu la laisses rester.

Le silence ne se referme pas en panique. Il s'ouvre. Le moi se fait petit, pas écrasé, juste à sa taille. Le temps semble s'élargir un peu.

La question est toujours là, exactement la même, sans réponse.

Sauf que pour la première fois, tu l'entends.

Ce n'était pas une panne. C'était la seule pièce assez silencieuse pour que la question résonne enfin. Le travail la recouvrait, c'est tout. Le vide n'était pas le problème. Le vide était le premier endroit honnête.

Et tu restes assis là, dans la journée que tu n'as pas remplie, avec le café froid et la question ouverte, et tu n'as toujours pas la réponse. Mais tu as arrêté de fuir le silence dans lequel elle pourrait, un jour, venir.


Je monte un truc cet automne. Une petite pièce, quelques personnes, trois jours, pour débloquer le chantier qu'on porte seul.

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